Pour compter, il faut se compter ! Depuis 2015, la commission AAFA-Tunnel de la comédienne de 50 ans édite son baromètre : le comptage des rôles par genre et par tranche d’âge dans les films français.
Téléchargez l’infographie 2025 du baromètre AAFA-Tunnel de la Comédienne de 50 ans en cliquant sur ce lien
Comptage des rôles dans les films français de 2025
10 ans après notre premier comptage, les chiffres ont-ils évolué ? Réponse : NON ! Les femmes ne vieillissent toujours pas, elles disparaissent des écrans !
Quelle est la place des femmes de plus de 50 ans dans les films français ?
Premier constat : depuis 2015 la répartition des rôles de femmes et d’hommes dans les films français reste inchangée ; la proportion étant d’environ 40/60. Et passé 50 ans, l’écart se creuse encore, c’est la double peine pour les femmes.


Aujourd’hui, en France, une femme majeure sur deux a plus de 50 ans (source INSEE), mais au cinéma en 2025, elles ne représentent que 11% des rôles. Les spectateurs des films français de 2025 ont vu deux fois plus d’hommes de plus de 50 ans que de femmes du même âge à l’écran. Le rapport entre les deux reste constant depuis 2015.

Si nous comparons maintenant la place que tiennent les femmes et les hommes de plus de 50 ans dans la société et celle que leur attribue le cinéma français en 2025, on constate un poids égal dans la société pour les unes et les autres, mais une représentation à l’écran très inégalitaire.


Les réalisatrices sont-elles plus égalitaires que les réalisateurs ? Réponse : OUI ! Le regard féminin derrière la caméra donne sensiblement la même place aux femmes de plus de 50 ans qu’aux hommes du même âge, quand le regard masculin privilégie les hommes de plus de 50 ans (2 fois plus de rôles que pour les femmes du même âge).

En 2025, le cinéma français semble toujours illustrer ce que Françoise Héritier a nommé « la valence différentielle des sexes » et que Susan Sontag a désigné comme « le double standard ». Sexisme ET âgisme sont bien présents sur nos écrans.
Questionner la représentation des femmes de plus 50 ans dans les fictions, c’est aussi questionner les rapports de domination entre hommes et femmes. Car ce sont les mêmes mécanismes sexistes à l’œuvre qui objétisent les femmes jeunes au cinéma et les font disparaître des écrans lorsqu’elles ont passé 50 ans. Deux faces de la même médaille.
Les fictions, au-delà d’être des objets artistiques, véhiculent des normes, transmettent des valeurs, proposent des modèles qui influencent notre perception du monde et construisent notre inconscient collectif. Invisibles à l’image, les femmes de plus de 50 ans disparaissent de l’imaginaire collectif.
Que nous dit une société qui se raconte en évinçant de ses histoires les femmes de plus de 50 ans, à l’âge de leur puissance et de leur maturité ?
Qui n’est pas représentée n’existe pas.
Rendre visibles les femmes de plus de 50 ans dans les fictions est un enjeu de société !