Paris, le 16 octobre 2020

Madame la Ministre de la Culture,

Le monde de la culture est au bord de l’asphyxie. Le Premier Ministre comme le Ministre de l’Économie et des Finances se sont déclarés ce vendredi opposés à une exemption du couvre-feu pour les spectacles. Pourtant, le 2 octobre dernier, vous affirmiez lors des États Généraux des Festivals : « Pas un seul lieu qui a rouvert n’a été un lieu de diffusion du virus. On est plus en sécurité dans une salle de spectacle que dans sa famille. »

Nous nous interrogions déjà quant à la distanciation sociale imposée dans les salles de spectacle alors que celle-ci ne s’applique pas dans les transports en commun par exemple. Avec les nouvelles mesures prises par le gouvernement, le tribut à payer pour nos théâtres, cinémas et salles de concert est plus lourd encore. Le couvre-feu va entraîner la réduction drastique des représentations, voire la fermeture totale de nombreuses salles. Après la baisse d’activité observée depuis mars dernier, de nombreux artistes, techniciens, producteurs, directeurs de salles ne s’en relèveront pas.

La précarité de nos métiers n’est plus à démontrer, leur importance, particulièrement en temps de crise, non plus. Comment comprendre ces nouvelles restrictions alors que, vous en convenez vous-même, le protocole sanitaire est strictement appliqué dans les salles de spectacle et qu’aucun de ces lieux n’est devenu un « cluster » ?

Madame la Ministre, nous souhaitons urgemment une réponse concertée et proportionnée du gouvernement afin, d’une part, de mettre en place une dérogation pour les lieux culturels, le ticket d’entrée servant de justificatif pour se déplacer après 21 heures, comme c’est le cas pour les billets de train et d’avion, et, d’autre part, d’envisager la prolongation de l’année blanche. Si nous vous soutenons dans le rôle de « médiatrice entre le monde de la culture et le gouvernement » que vous évoquiez hier, nous comptons sur vous pour permettre à ce gouvernement d’assouplir les modalités de mise en œuvre du couvre-feu et sauvegarder ainsi la culture.

Le Conseil d’administration de l’AAFA-Actrices et Acteurs de France Associés

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